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Être payé pendant sa formation : qui verse quoi, selon votre statut

AREF, R2F, rémunération France Travail, projet de transition : ce que vous percevez réellement pendant une formation selon votre statut, avec les montants 2026.

Bulletin de paie et planning de formation posés sur une table en bois clair, à côté d'une calculatrice et d'un stylo

Deux questions sont posées en même temps et n’ont pas la même réponse : qui paie la formation, et de quoi vous vivez pendant qu’elle dure. Le premier point est le plus documenté et le plus facile à obtenir. Le second décide pourtant seul de la faisabilité d’un projet de plusieurs mois.

La règle générale tient en une phrase : hors alternance, vous ne touchez pas un salaire mais une allocation, et son montant dépend de votre statut au jour où la formation commence, pas de la formation choisie.

Ne pas confondre financement des frais et revenu

Un organisme qui annonce une formation « prise en charge à 100 % » parle du coût pédagogique. Il ne dit rien de votre revenu pendant les mois d’absence, et il n’a aucune raison de le faire : ce n’est pas lui qui le verse.

Les deux circuits sont indépendants. Ils ont des financeurs différents, des dossiers différents et des calendriers différents. Une formation intégralement financée peut parfaitement s’accompagner d’un revenu nul. Le détail du premier circuit — qui finance les frais pédagogiques selon votre statut — est traité à part ; cet article ne traite que du second.

Une conséquence pratique en découle : posez les deux questions séparément, et par écrit, avant toute inscription. La réponse à la première ne préjuge en rien de la seconde.

Le seuil de 40 heures, qui change de régime

C’est la bascule que presque personne n’explique, et elle commande tout le reste.

En dessous de 40 heures de formation, vous restez un demandeur d’emploi qui se forme : votre indemnisation continue à l’identique. À partir de 40 heures, vous devenez stagiaire de la formation professionnelle, un statut distinct qui fait changer la nature, le nom et parfois le montant de ce que vous percevez. La fiche service-public.gouv.fr consacrée au compte personnel de formation d’un demandeur d’emploi, mise à jour le 27 juin 2026, pose explicitement ce seuil.

Ce statut n’est pas qu’une étiquette administrative. Il conditionne votre couverture sociale pendant la formation, la nature des prélèvements sur ce que vous touchez, et l’organisme qui vous verse l’argent.

Demandeur d’emploi indemnisé : l’AREF

Si vous percevez l’allocation d’aide au retour à l’emploi et que votre formation est validée par France Travail — dans le cadre de votre contrat d’engagement, de votre projet d’accès à l’emploi ou d’un dossier CPF —, l’ARE laisse place à l’allocation d’aide au retour à l’emploi formation, l’AREF.

Selon la fiche service-public.gouv.fr mise à jour le 7 août 2026 :

  • le montant brut est identique à celui de l’ARE ;
  • l’AREF est exonérée de CSG et de CRDS, seule la retraite complémentaire étant retenue, ce qui rend le net souvent légèrement supérieur ;
  • le net ne peut pas être inférieur à 22,99 € par jour ;
  • le versement est mensuel et à terme échu, l’allocation d’octobre arrivant début novembre.

Le point que les pages commerciales passent sous silence est ailleurs. L’AREF ne prolonge pas vos droits : elle les consomme. Sa durée ne peut pas dépasser le reliquat de vos droits à l’ARE. Une formation de dix mois entamée avec huit mois de droits restants vous laisse donc deux mois sans rien, sauf à obtenir le relais décrit ci-dessous.

Quand les droits s’épuisent en cours de route : la R2F

La rémunération de fin de formation, désignée indifféremment par RFF ou R2F, sert exactement à cette situation : terminer une formation commencée alors que l’allocation prend fin.

Trois conditions la caractérisent, d’après la fiche service-public.gouv.fr qui lui est consacrée.

ÉlémentCe que prévoit le dispositif
Qui peut l’obtenirUne personne inscrite à France Travail dont la formation a été validée alors qu’elle percevait l’ARE ou l’allocation de sécurisation professionnelle
Quelles formationsCelles menant à une qualification reconnue au RNCP, par une convention collective ou par une commission paritaire de branche, sur des métiers en difficulté de recrutement
MontantPlafonné à 775,65 € par mois
DuréeJusqu’à la fin de la formation, dans la limite de trois ans cumulés allocation plus R2F pour une même formation
Délai de réponse21 jours après la demande faite auprès du conseiller

Deux enseignements. D’abord, le critère « métier en tension » est décisif : une reconversion vers un secteur encombré n’ouvre pas ce relais, ce qui pèse dans le choix du métier cible au moins autant que l’envie. Ensuite, le plafond de 775,65 € est très inférieur à la plupart des allocations : la R2F évite l’arrêt, elle ne maintient pas le niveau de vie. La condition de qualification reconnue renvoie directement à ce que garantissent Qualiopi, le RNCP et le Répertoire spécifique, à vérifier avant l’inscription et non après.

Demandeur d’emploi non indemnisé : la rémunération des formations de France Travail

Sans droit à l’ARE, il reste un dispositif, à condition que la formation soit agréée. Les montants mensuels, tels que publiés sur la fiche service-public.gouv.fr mise à jour le 1er avril 2026, sont les suivants.

SituationMontant mensuel
Moins de 18 ans226,48 €
De 18 à 25 ans566,17 €
26 ans et plus775,65 €
Parent isolé de moins de 26 ans775,65 €
Travailleur handicapé justifiant d’une activité antérieure d’au moins six moisde 775,65 € à 2 188,27 €

Pour une formation à temps partiel, de moins de 30 heures par semaine, la rémunération est proratisée : le montant complet est divisé par 151,67 puis multiplié par le nombre d’heures. Le dispositif n’est pas cumulable avec l’allocation de solidarité spécifique, qui est alors supprimée ; il se cumule en revanche avec le RSA, dont les droits peuvent être réduits en conséquence. Les textes de référence sont les articles L6341-7 et R6341-25 à R6341-32 du code du travail.

Regardez ces chiffres avant de bâtir un plan sur douze mois. Pour un adulte de plus de 26 ans, 775,65 € constituent le plafond de ce que l’État versera, quel que soit le niveau de la formation visée. C’est précisément la baisse de revenu que décrit notre article sur la séquence d’une reconversion et son coût réel, et c’est le poste que les plans de reconversion budgètent le moins bien.

Salarié : le projet de transition professionnelle

C’est le seul dispositif qui maintient une rémunération proche du salaire tout en conservant le contrat de travail. Il est aussi le plus lent à obtenir. La fiche service-public.gouv.fr mise à jour le 1er juin 2026 en donne les paramètres.

Ancienneté exigée. En CDI, vingt-quatre mois d’activité salariée, consécutifs ou non, dont douze mois dans l’entreprise actuelle, appréciés à la date de début de la formation. En CDD, vingt-quatre mois sur les cinq dernières années, dont quatre mois en CDD sur les douze derniers mois.

Rémunération maintenue. Elle est de 100 % du salaire de référence lorsque celui-ci ne dépasse pas deux fois le Smic, soit 3 734,04 €. Au-delà de ce seuil, elle tombe à 90 % pendant la première année ou les 1 200 premières heures, puis à 60 %, sans pouvoir descendre en dessous de deux fois le Smic.

Calendrier. La demande d’absence se dépose auprès de l’employeur 120 jours calendaires avant le début pour une formation d’au moins six mois à temps plein, 60 jours dans les autres cas. L’employeur dispose de 30 jours pour répondre, et son silence vaut accord. Il peut reporter l’absence de neuf mois au maximum, mais pas la refuser sur le fond.

Deux instances interviennent, et il ne faut pas les confondre : l’employeur se prononce sur l’absence, l’association Transitions Pro de votre région se prononce sur le financement. Un accord de l’un ne vaut pas accord de l’autre. Les textes applicables sont les articles L6323-16 à L6323-17-6 du code du travail.

Démissionner pour se former : l’ordre est impératif

Un salarié démissionnaire peut accéder à l’assurance chômage lorsqu’il porte un projet de reconversion, mais la séquence ne souffre aucune improvisation. La fiche service-public.gouv.fr sur l’allocation chômage après démission, vérifiée le 1er avril 2025, fixe les conditions cumulatives :

  1. être en CDI de droit privé ;
  2. justifier d’au moins 1 300 jours travaillés au cours des 60 derniers mois, soit environ cinq années d’activité ;
  3. faire reconnaître le projet comme réel et sérieux par l’association Transitions Pro de sa région ;
  4. s’inscrire comme demandeur d’emploi dans les six mois suivant cette validation.

La troisième condition doit être remplie avant la démission. Démissionner d’abord, même de quelques jours, ferme définitivement le dispositif : aucune régularisation n’est prévue. Les textes de référence sont les articles L5422-1 à L5422-2-2 du code du travail et l’arrêté du 19 décembre 2024.

Le projet se construit en amont avec un conseil en évolution professionnelle, gratuit. Cette phase gagne à s’appuyer sur un travail d’exploration déjà fait : notre article sur ce qu’apporte réellement un bilan de compétences précise ce que cet exercice peut et ne peut pas produire.

Les deux cas où vous touchez bien un salaire

Ils existent, et ils sont régulièrement écartés à tort par les adultes en reconversion.

L’alternance. Le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation sont des contrats de travail : la rémunération est contractuelle, mensuelle, et les frais pédagogiques sont pris en charge par l’opérateur de compétences de l’entreprise. Les grilles et les conditions d’accès figurent dans notre guide de l’alternance. L’obstacle n’est pas l’admission en centre de formation mais la recherche d’un employeur.

La formation décidée par l’employeur. Une action inscrite au plan de développement des compétences se déroule sur le temps de travail et n’interrompt ni le salaire ni le contrat. C’est la voie la plus simple qui existe, à une condition : que la formation serve visiblement le poste occupé.

La validation des acquis de l’expérience occupe une position intermédiaire, puisqu’elle ne suppose pas de longue absence. Son déroulement est décrit dans notre article sur les étapes réelles d’une VAE, du dossier de recevabilité au jury.

Vérifier avant de s’engager, pas après

Trois précautions évitent l’essentiel des mauvaises surprises.

Faire chiffrer votre cas, pas le cas général. Un simulateur public, « Mes ressources formation », a été mis en ligne le 15 avril 2024 et couvre quinze régions selon l’actualité service-public.gouv.fr publiée le 3 juin 2025 et mise à jour le 6 mars 2026. Il intègre l’ARE, le RSA, l’ASS, la prime d’activité et les aides au logement. Votre conseiller reste la seule source qui engage.

Obtenir la validation avant de signer. Une inscription engagée reste due si le financement est refusé, et les conditions d’annulation sont dans le document que vous signez : notre article sur ce qu’on signe avec un organisme de formation détaille les clauses à lire avant, notamment le délai de rétractation.

Se méfier des montants trouvés en ligne. Les barèmes cités ici proviennent de fiches publiques mises à jour entre avril et août 2026 ; plafonds et seuils sont révisés régulièrement. Un chiffre repris d’un article daté de deux ans suffit à fausser tout un plan de financement. Les mêmes précautions valent d’ailleurs pour les promesses de résultat, comme l’explique notre article sur la façon de lire un taux d’insertion professionnelle.

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