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Trouver une alternance : c'est une recherche d'employeur, pas une recherche d'école

L'école se trouve facilement, l'entreprise beaucoup moins. Le calendrier réel, les canaux qui fonctionnent, et pourquoi la candidature spontanée reste la plus efficace.

Établi et outils rangés dans un atelier de formation professionnelle

Le malentendu est toujours le même : on cherche une école, on est admis, et on découvre en juin qu’il faut aussi une entreprise — sans quoi rien ne démarre. L’alternance se joue sur le contrat de travail, pas sur l’inscription. L’école est la partie facile ; l’employeur est la partie qui prend des mois.

Le calendrier réel

PériodeCe qui se passe
Septembre à décembreLes grands groupes publient leurs offres pour l’année suivante
Janvier à févrierOuverture des campagnes, forums, salons
Mars à juinLe gros du volume, tous types d’entreprises
JuilletCreux — les décideurs partent en congés
Août à septembreSeconde vague, PME et remplacements de désistements

Deux enseignements pratiques.

Commencer en juin, c’est arriver après la bataille sur les postes structurés. Les grands groupes ont clôturé, les places sont pourvues.

Ne pas abandonner en juillet. C’est le moment où beaucoup baissent les bras, et c’est précisément là que se libèrent des places : des candidats se désistent, des entreprises réalisent tardivement leur besoin, des écoles relancent leurs contacts. Ceux qui tiennent en août trouvent souvent.

Deux contrats, et l’employeur a un avis

Le contrat d’apprentissage prépare un diplôme ou un titre professionnel reconnu. Il s’adresse en principe aux moins de 30 ans, avec des dérogations notamment pour les travailleurs handicapés et les créateurs d’entreprise.

Le contrat de professionnalisation vise une qualification professionnelle et s’ouvre plus largement, y compris à des demandeurs d’emploi plus âgés.

Ce qui change pour vous : la rémunération minimale, calculée selon l’âge et l’année de formation, et le statut. Ce qui change pour l’employeur : les aides mobilisables et les modalités de prise en charge, qui ne sont pas identiques.

Un conseil pratique : demandez à votre école quel contrat elle propose, et laissez à l’employeur la possibilité de dire lequel l’arrange. Certaines entreprises ont une habitude de l’un et une méconnaissance de l’autre, et se montrent plus ouvertes sur celui qu’elles maîtrisent.

Les canaux, du plus au moins rentable

La candidature spontanée ciblée. C’est de loin le plus efficace, et le moins pratiqué. Une grande partie des recrutements en alternance dans les petites structures ne passe par aucune annonce : le dirigeant y pense quand quelqu’un se présente. Identifiez trente entreprises de votre secteur dans votre zone, trouvez le nom de la bonne personne, écrivez-lui directement.

Le réseau, y compris celui qu’on croit ne pas avoir. Anciens de la formation, stages précédents, jobs d’été, famille, associations. Une recommandation interne pèse plus qu’un dossier parfait.

Les partenariats de l’école. Beaucoup d’établissements ont des entreprises qui reviennent chaque année. Demandez explicitement la liste — elle existe presque toujours et n’est pas toujours diffusée.

Les forums et salons. Utiles pour un premier contact direct, à condition d’arriver avec des CV et une idée précise des entreprises présentes. Repérez-les à l’avance, n’errez pas dans les allées.

Les plateformes en ligne. Volume important, concurrence maximale, taux de réponse faible. À faire, mais pas en priorité, et surtout pas exclusivement.

La candidature qui passe

Quelques principes qui font une vraie différence sur des dossiers par ailleurs équivalents.

Nommez un destinataire. « Madame, Monsieur » sur une candidature spontanée signale qu’aucun travail n’a été fait. Dans une PME, le nom du dirigeant est public.

Dites ce que vous cherchez en première ligne : le diplôme préparé, le rythme d’alternance, la date de début. Un recruteur qui doit chercher ces informations passe au suivant.

Le rythme est un argument commercial. « Trois semaines en entreprise, une en cours » est une information concrète qui permet à un employeur de se projeter immédiatement. Beaucoup de candidatures l’omettent.

Expliquez le coût réel. Beaucoup de petites structures surestiment largement ce que coûte un alternant et ignorent les aides existantes. Mentionner qu’il existe des dispositifs de prise en charge, sans en faire un argumentaire, lève un frein bien réel.

Un projet, pas une demande. « Je cherche une alternance » est une demande. « J’aimerais travailler sur vos dossiers de maintenance parce que j’ai fait un stage sur ce sujet » est un projet.

Relancez une fois, dix à quinze jours après, en apportant quelque chose de neuf.

Ce qui fait échouer les recherches

Attendre l’admission en école pour commencer. Les deux démarches se mènent en parallèle. Rien n’empêche de contacter des entreprises en disant qu’on prépare tel diplôme à la rentrée.

Ne viser que les grandes marques. Vingt candidatures chez des noms connus donnent statistiquement moins qu’une seule candidature bien ciblée dans une PME de la zone d’activité voisine.

Envoyer le même message partout. Cela se voit en deux secondes, et cela vaut zéro réponse.

Négliger la zone géographique. L’alternance impose des allers-retours réguliers entre l’entreprise et le centre de formation. Un employeur écarte souvent un candidat trop éloigné, non par principe mais parce qu’il sait que le rythme finira par poser problème.

Se décourager au premier silence. Le taux de réponse est structurellement bas. Ce n’est pas un jugement, c’est un volume.

Si rien n’a abouti en septembre

Trois portes restent ouvertes, et aucune n’est un échec.

Demander à l’école le délai de régularisation dont vous disposez après la rentrée. Il est souvent de plusieurs mois, ce qui laisse le temps de continuer à chercher tout en suivant les cours.

Chercher parmi les désistements. Chaque année des contrats signés sont rompus dans les premières semaines, et les entreprises concernées cherchent alors dans l’urgence.

Envisager une entrée décalée. Certaines formations proposent des rentrées en janvier ou en février, ce qui offre un semestre supplémentaire pour trouver — et un candidat qui a cherché six mois de plus est aussi un candidat qui connaît beaucoup mieux son secteur.

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